Les plantes tinctoriales sont des plantes dont certaines parties peuvent servir à préparer des
colorants et des
teintures. Elles sont généralement utilisées pour teindre des fibres textiles naturelles (laine, coton, soie...) mais peuvent aussi servir comme colorants alimentaires ou corporels (maquillages ou peintures naturelles).
Des centaines d'espèces de plantes on été utilisées par l'homme pour teindre les vêtements, certains depuis la plus haute antiquité.
Les couleurs issues des colorants végétaux sont différentes de celles produites par synthèse. Les extraits colorants végétaux sont composés de 5 à 25 molécules contrairement aux colorants et pigments de synthèse.
Quelques espèces tinctoriales historiques :
La Gaude ou Reseda luteola L. qui a été la principale source de jaune solide au Moyen Age. La gaude fit l'objet d'une culture intensive jusqu'à la fin du XIXe Siècle.
La lutéoline, principale molécule colorante des extraits de Reseda appartient à la famille des flavonoïdes. On la trouve généralement sous forme de glycosides, c'est à dire liée à des sucres.
Pour la teinture, ce colorant nécessite un mordançage des fibres cellulosiques et protéiques par exemple à l'alun.

La Garance des teinturiers ou Rubia tinctorum L. était la principale source de rouge pour les teinturiers au Moyen Age en Europe. Ce n'est qu'au XVIème Siècle qu'on commença à la cultiver à grande échelle. La principale molécule colorante de la garance est l'alizarine. On recense également plus d'une vingtaine d'autres molécules de la famille des anthraquinones, pricipalement sous forme de glycoside, qui donnent toutes les nuances de rouge plus ou moins teintées de jaune ou de brun qui font la richesse des tons de la garance.
Comme pour la gaude, ce colorant nécessite un mordançage des fibres cellulosiques et protéiques par exemple à l'alun.

Le Pastel ou Isatis tinctoria L. dont les feuilles contiennent des précurseurs de l'indigo. La fermentation du pastel était une science gardée jalousement qui permettait d'obtenir le bleu d'indigo.
On connaît l'utilisation du bleu de pastel depuis les Celtes. Au Moyen Age, l'indigo de pastel est sans nul doute le pigment le plus utilisé en Europe. Il fit la richesse de la région de Toulouse et d'Albi. Ce colorant de cuve est toujours en usage, bien qu'il soit désormais majoritairement produit par voie chimique.
Le henné est un arbuste épineux de la famille des Lythracées, dont les feuilles produisent des teintes telles que le rouge et le jaune utilisé en teinture textile et corporelle. On extrait de ses petites fleurs un parfum très apprécié. Le henné provient du Maghreb. Le terme désigne également ce colorant dont l'usage est très ancien puisqu'on en retrouve la trace sur les momies égyptiennes.
Voici d'autres plantes tinctoriales (liste non exhaustive)L’aigremoine eupatoire est riche en tanins. On obtient des jaunes roux.
L’anthémis tinctoria (ou camomille des teinturiers) : on utilise les fleurs de l’anthémis qui permettent d’obtenir également du jaune.
L’amande : on utilise la coque de l’amande pour obtenir un vert tendre
Le dahlia : les fleurs donnent des teintes allant du rouge au grenat selon que l’on utilise des zinnias, cosmos…
La fougère donne du vert.
L’indigo : les feuilles donnent du bleu
Le mélèze contient beaucoup de tanins. Les rameaux et cônes de l’arbre permettent d’obtenir une couleur beige à brun.
Le millepertuis : la plante entière donne des tons jaunes à roux.
L’oignon : on utilise sa pelure. On obtient du jaune, du vert et du orange selon l’espèce d’oignon utilisée.
Le prunellier : les baies de prunelles donnent un rose chair ou un bleu pâle.
Le sureau : les feuilles donnent un vert tendre. Avec les baies du sureau on obtient du violet qui, instable vire au bleu. Si on fait sécher et fermenter des baies de sureau noir on obtient du brun. Avec les baies de sureau hyèble on obtient des bleus gris et des verts foncés.
Le thé : riche en tanins, on utilise de préférence du thé de chine avec lequel on obtient du rose, du beige ou une couleur caramel clair.
Les méthodes pour teindre un tissuLes nuances obtenues par les teintures végétales peuvent varier d’un bain à l’autre. Cela s’explique par la nature du sol où on été cueillies les plantes, la qualité de l’eau employée quand on extrait le colorant ou la teinture. Cette eau ne doit pas contenir de produits chimiques.
On peut ajouter des sels d’étain ou de fer au bain, qui agissent sur la coloration et la qualité du récipient utilisé par le bain.
Pour extraire un colorant Il existent différentes méthodes :
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Par décoction (en plongeant les plantes dans l’eau froide et en laissant bouillir plus ou moins longtemps selon la couleur voulue)
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Par infusion (on met les plantes dans l’eau chaude, on laisse infuser le temps désiré en fonction de la couleur)
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Par macération (les plantes macèrent dans l’eau froide pour en ramollir les tissus)
La teintureQuand le colorant est préparé, il faut mettre le tissu humide dans le bain de colorant puis l’on porte à ébullition pendant 1 à 2h suivant l’intensité de la teinte que l’on veut obtenir.
Ensuite on sort le tissu que l’on rince à l’eau. On fixe la teinture grâce à du vinaigre dans la dernière eau de rinçage .
La teinture à froid Cette méthode très simple à réaliser, permet d’obtenir de beaux reflets. Il suffit de préparer le bain et d’y plonger le tissu. Le temps de trempage varie (selon la teinte désirée). On peut obtenir des dégradés de couleurs en plongeant le tissu dans différents bains de couleurs. Il ne faut pas oublier de laver le tissu à l’eau entre chaque trempage.
Pour plus d’infos, voici un site très instructif :
http://lesfilsdutemps.free.fr/tincto.htm