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 l'aigle arverne

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Cerridwen
Fraxinus excelsior
Fraxinus excelsior


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Date d'inscription : 17/06/2009

MessageSujet: l'aigle arverne   Jeu 17 Déc - 11:45

véritable Histoire des
gaulois Revécu d'une vie antérieure celte


Quelques pages du roman celte : L'Aigle Arverne

par Marie Roca


j'ai revécu tout ceci, et je passe outre toutes les
déformations apportées par l'écriture latine, concernant les noms de
personnes ou de lieux, et l'hagiographie de César, génocidaire d'une
partie de la population (y compris) civile, gauloise.




Chapitre
premier



La moiteur estivale empèse tout effort. D’un gracieux mouvement de tête, Eloïssa ramène sur sa nuque sa
lourde natte blonde, pose la seille débordante d’eau fraîche et s’éponge le front.



De noble condition, l’épouse du chef de Kronaith s’estime heureuse de
ne pas affronter l’ardeur solaire, dos ployé dans les champs. Portant
son regard vers l’entrée du village, Eloïssa évalue l’avancement des
travaux de restauration de la palissade d’enceinte. Si seulement elle
avait su persuader Elivabros son époux, d’édifier une solide enceinte
de pierres et troncs mêlés, semblable à celle de Kwercobie, sa cité natale ! Elivabros lui a remontré la moindre importance de leur dunon, en regard du grand oppidun
arverne. La jeune femme se félicite de la sagesse du chef de
Kronaith ; son époux a raison ; Leur village ne saurait être menacé, du
reste, ses guerriers sont parmi les mieux entraînés du pays arverne !



Le haut du village, où s’élève la tour de guet contrôlant la vallée,
conserve les vestiges de l’antique mur d’enceinte bâti de pierres. De
section carrée, la tour de pierre grise fut naguère surélevée d’un
étage de bois et coiffée d’une toiture de chaume. De jour, la tour
dressée au sommet de la colline fournit un excellent poste
d’observation des voies desservant Kwercobie, la capitale arverne. De
largeur honorable et bien entretenue, la route reliant territoires
arvernes et ségusiaves constitue la principale chaussée carrossable du
pays. La vocation commerciale de cette voie, se double d’une grande
importance stratégique, aussi, de par leur position dominante, Kronaith
mais aussi Kwernis, village en vis-à-vis sur la colline opposée,
constituent-ils les principaux verrous de sûreté du grand oppidun de
Kwercobie. En cas de mouvement suspect, Kronaith a tôt fait de prévenir
Kwercobie, ce qui justifie la considération privilégiée dont jouit le
dunon, Kwercobie le dotant d’une importante redevance annuelle, la
charge d’entretien de la voie étant partagée entre Kronaith et Kwernis.
Financée par les péages prélevés sur les marchandises non alimentaires
entrant dans Kwercobie, équitablement répartie entre chaque foyer,
cette redevance annuelle enrichit Kronaith. De fait, des marchands
ségusiaves, aussi discrets qu’avisés, écoulent une partie de leur
chargement à Kronaith. Soustraite au péage de la grande cité, cette
marchandise est avantageusement achetée à Kronaith, laissant toutefois
aux marchands une marge substantielle. Ainsi, marchands ségusiaves et
acheteurs du dunon y trouvent-ils leur compte. Cependant, afin que le
transit de marchandises n’en souffre globalement pas, les chefs des
deux villages avant-postés limitent sciemment les achats effectués dans
leur dunon avant enregistrement des marchandises importées à Kwercobie.





D’implantation fort ancienne, le village s’enroule autour d’une aire
centrale sacralisée par le poteau emblème de bois sculpté, érigé au
centre de l’aire. De ce point d’ancrage de l’ancestralité, chacun peut
lorsqu’il le désire, entrer en relation avec les ancêtres en Teutatès.
A quelques pas, se dresse un second poteau, moins haut et ne portant
guère que les symboles indicateurs des phases lunaires, et partant de
chacun de ces signes, des encoches régulièrement taillées. Dans l’une
d’elles est enfichée une petite cale mobile, dont l’emplacement chaque
jour changé par le druide, indique à quel moment de quelle phase
lunaire on se situe. Au regard de chaque encoche de ce calendrier, est
percé un petit trou dans lequel on glisse un cylindre de bois rouge
symbolisant la fête à venir ; ainsi chacun peut-il repérer en
permanence toute indication relative au décompte du temps, au nombre de
jours le séparant de la prochaine célébration, dans la mesure où
celle-ci n’excède pas une lunaison.


-
Laisse-moi porter ces seaux !



Le
timbre assuré désigne l’homme conscient de son ascendant sur autrui.
Intransigeance, volonté ferme, autorité ? Le regard bleu d’acier du
chef de Kronaith traduit tout cela à la fois. De haute taille, l’homme
porte une longue chevelure châtain, et les pointes de ses moustaches
sont tirées en direction du menton.



- Elivabros
! Je te croyais aux champs, inspectant les moissons.




- Inutile de m’attarder en plein
soleil ! Ils en auront bientôt fini. La table est-elle dressée à la maison commune ?



- Les moissonneurs ont de quoi se
restaurer; tout est prêt.



- En ce cas, il n’est qu’à les
attendre. - dit Elivabros, posant la seille à l’intérieur de la maison. - A propos, où est Apténios ?



- Ecoute sa flûte... Le barde donne
sa leçon au verger.



- La flûte ! L’héritier du meilleur
sang arverne, le descendant du roi Luern prétendrait-il devenir barde ?



-
Tu exagères, Eli ! Ton fils manque t’il de vaillance à l’entraînement
aux armes ? Toi l’instructeur, tu en sais plus que moi à ce sujet ! La
musique lui fait du bien, d’ailleurs c’est de mon clan, et précisément
de son aïeul qu’il tient ce talent...



- Sa chevelure, ses traits, ses
talents... Je finis par croire qu’Apténios est l’enfant d’un seul clan : le tien !



-
Il me suffit de l’écouter, de le regarder agir, et je vois combien il
te ressemble ! Peut-être aurions-nous dû le confier en tutelle, non pas
chez celui qui me sert de frère, moi aussi je hais Gobignatos, mais
chez un ami, dans un autre village.


-
J’y ai parfois songé, mais nos autres enfants sont morts... J’ai songé
que tu te sentirais bien seule... Il partira lorsqu’il aura atteint
l’âge d’homme. A douze ans, il a encore à apprendre !


Peut-être
quelques larmes embuent-elles son regard. Elle se rapproche de son
époux, dans l’aveuglant jet de lumière que la porte ouverte invite à
inonder la pièce.



- Merci
Eli... merci d’avoir songé à moi.

...

Au sortir de la forêt, à une demi-lieue du village, l’herbe haute et
sèche dévale un flanc de colline. Brisée entre les doigts, la paille
dévoile un canal presque cylindrique ; aplanies, les longues pailles de
diverses variétés sont tressées pour façonner des cibles d’archerie. Le
jeune Apténios repère les pailles sauvages dont les teintes
s’harmoniseront à celles de l’orge et du seigle, la cible alternant des
zones distinctes. Apténios s’immobilise. Son regard saisit une image
stupéfiante... A quelques pas, cette gamine, Véda, porte d’étranges
bracelets ondulants, entrelacés... La fillette agite les bras en
mouvements lents, ordonnés. Serpents, vipères... il ne s’agit ni de
couleuvres ni d’orvets ! Apténios jurerait que l’un des reptiles est
d’une espèce des plus venimeuses. Il s’éponge le front, porte la main à
son couteau. On le saisit au bras.


- Du calme
! Véda sait ce qu’elle fait. Elle ne risque rien.



- Odoéios- dit Apténios au druide,
je ne comprends pas.



L’homme aux très longs cheveux
blancs, sourit :


-
Ferme les yeux, Apténios... Sens-tu sous tes pieds, circuler l’énergie
souterraine, la Nwyvre ? Pas encore assez ! Les serpents sont
harmonisés à cette énergie. Quiconque sait être assez paisible pour se
couler dans cette harmonie, peut aisément manipuler les reptiles... à
condition toutefois de ne pas éprouver de répulsion envers eux.



Ils se taisent. Véda qui vient de jeter l’un des reptiles dans le sens
ascendant de la pente, saisit le second par la tête, et d’un geste
assuré s’en défait. Trois, quatre, cinq serpents s’enroulaient autour
de ses poignets. Elle a six ans, se vêt souvent en garçon et sera
bientôt l’élève du druide Odoéios. Sa chevelure flamboyante, la
puissance de son regard vert inquiètent ou fascinent. Vraiment, étrange
petite fille, cette Véda !



***

Par ces temps caniculaires, agréablement ombragée de tilleuls, la
fontaine constitue le lieu de rassemblement privilégié des femmes,
lorsqu’elles ne se rendent pas aux champs. Assises sur des bancs,
plusieurs cousent ou brodent. Alda et Eloïssa frangent une tenture de
chanvre, destinée à orner l’un des murs de la maison commune, vaste
pièce chauffée l’hiver. A la morne saison, on aime se retrouver dans la
maison commune pour effectuer en agréable compagnie, divers travaux
artisanaux, mais c’est aussi là que se tiennent le conseil de village
et le conseil des guerriers.



Pour plus d’un enfant du village, Alda serait la grand-mère idéale, si
sereine et si belle en dépit des rides et des cheveux gris relevés haut
sur la nuque. A l’encontre des apparences, Alda est la mère de la toute
jeune disciple du druide Odoéios.



- Je
te vois très soucieuse, dit Alda à sa compagne.


- J’ai le sentiment – dit Eloïssa - qu’une grande ombre plane sur la
terre arverne... une ombre rouge sang, glaciale comme l’effroi,
tumultueuse, grinçante comme la burle des tempêtes... la désolation
toque à nos portes... ou nous sommes aux portes de la désolation... je
ne sais...


-
Ce beau ciel devrait te remontrer l’inanité de ton angoisse, dit Alda,
prenant entre ses mains, la longue main d’Eloïssa. Et si nous allions
écouter le barde et ses musiciens ?



- Non. Finissons l’ouvrage, il en
manque si peu !



Elle n’a guère le temps d’en dire
plus.



Les sabots d’un cheval au galop martèlent le sol. Les chiens aboient
vivement. Le cavalier franchit la porte. Marmaille agrippée aux jupes,
les femmes se précipitent vers l’enceinte, lorsque hors d’haleine, un
cavalier âgé fait irruption. Aprilios est habituellement messager de
Keltil, chef de Kwercobie et des arvernes. L’extrême pâleur de l’homme
comme la tension tragique de ses traits n’annoncent rien de bon.
L’enfant qu’il tient devant lui, bambin blond, livide, au regard perdu,
ce petit garçon vêtu couleur ciel, Eloïssa le reconnaît, le prend
contre elle.



- Keltil et
son épouse, ta soeur... ce petit a vu mourir ses parents...



La
tragédie, l’horreur... Il faut peu de mots pour les transmettre.
Eloïssa tremble, l’enfant tremble aussi... Sa soeur, son beau-frère, le
valeureux Keltil, morts...



Alda prend
en charge le petit, le fait asseoir sur le banc, le cajole. A voix basse, le vieux messager livre son récit.



- Au moment du repas, la porte était ouverte. Des cavaliers firent
irruption... Ils ont poignardé Keltil et son épouse, mais ont épargné
le fils de Keltil et fui hors les murs. Je n’ai pas hésité... l’enfant
sera mieux ici.


-
Tu as bien fait Aprilios, dit Elivabros que nul n’a vu surgir,
suis-moi, je réunis le conseil des guerriers. Eloïssa, est-ce que ça
ira ? Il a un geste tendre pour elle ; cachant ses larmes, elle se
tourne vers le petit, cajolé par Alda. Ce jour, ce neveu orphelin
devient son deuxième fils.



Prostré, regard figé dans l’obsédant souvenir du massacre de ses
parents, l’enfant n’accepte ni ne refuse le gobelet d’eau que lui
présente Alda. Sa tunique couleur ciel, porte une large souillure de
sang séché, dont la vue fait horreur à Eloïssa... le sang de Keltil ou
peut-être, le sang de sa propre sœur à elle...




- Tu étais très petit la dernière fois que je t’ai vu. Je suis ta tante
Eloïssa. Le verger n’est pas loin. Viens Verking-Etorix, je vais te
présenter à ton cousin.



Les élèves du barde ne sont pas tous des enfants, loin s’en faut. Des
adultes figurent parmi les flûtistes et percussionnistes. Attentifs,
appliqués, guerriers, artisans, hommes, femmes, enfants, tous sont
sensibles à l’harmonie sacrée de la musique. Alda, Eloïssa et l’enfant
s’immobilisent à distance des musiciens. Le visage rond et barbu de
Gwenaios le barde inspire la jovialité, la sincérité et une belle
disposition au bonheur que ses élèves aiment partager, aussi, lorsqu’il
interrompt le jeu de l’un des jeunes flûtistes, debout au milieu de
l’assemblée, celui-ci semble t’il boire chacun de ses mots :



- Non Apténios ! Au-dessous de toi, le sol, les bruissements des eaux
souterraines dont tu dois ressentir l’énergie : la Nwyvre, la force
tellurique, et la sève qui court des racines jusqu’au sommet des arbres
! Au-dessus de toi, à l’infini, les corps célestes : soleil, lune,
étoiles : l’énergie du flux cosmique. Entre les deux, l’Homme, toi
Apténios et ton souffle, tributaire de ces deux énergies en toi
reliées. Inspire, puis laisse monter en toi par l’axe vertébral, la
grande force tellurique. Ce lien établi, en conscience et gratitude, en
transcendance lorsque corps et âme vibrent à l’unisson de la création,
livre cette mélodie !



Un
instant, le jeune flûtiste ferme les yeux. Limpides, les premiers sons
embrassent l’espace silencieux, s’affinent, se lient et se modulent
avec art. Ce sont les sons de la Vie. Pour la première fois depuis son
entrée dans le village, le fils de Keltil dirige son regard vers le
présent. L’enchantement produit par cette musique ne ressemble à rien
de ce qu’il a connu. De sa harpe, le barde accompagne le son pulsé avec
grâce et puissance par le jeune flûtiste. Les deux musiciens semblent
portés par la transparence de l’air, tandis que s’apaise l’harmonieuse
mélodie.



Quelques
mots chuchotés à l’oreille du barde puis à celle du jeune flûtiste aux
longs cheveux blond roux, leur présentent la situation. A onze ans,
Apténios est investi d’une mission délicate : puisque son cousin doit
surmonter l’écrasante douleur d’une odieuse tragédie, il mettra tout en
oeuvre pour l’y aider. Le petit quant à lui, dévisage le flûtiste ;
auprès de lui, il se sent immédiatement en confiance.



- Je suis
Apténios, ton cousin. J’ai un poulain très mignon. Allons le voir !



A cause de la chaleur, mais aussi pour recevoir plus de lumière, la
porte de la salle commune demeure ouverte. Sans trop s’approcher,
Garios le fils du menuisier, et quelques autres jeunes ne perdent pas
une miette de ce qu’il se dit à l’intérieur. La gravité de la situation
les rend aussi anxieux que leurs aînés. Gobignatos devenu maître de
Kwercobie, cet ami des romains, si jaloux de Keltil n’a t’il pas
organisé lui-même le meurtre de son beau-frère ? Il y aura t’il guerre
civile entre arvernes partisans du projet de Keltil, visant à
l’unification politique et stratégique des celtes de toutes tribus, et
arvernes tentés par le rapprochement avec les romains préconisé par
Gobignatos ? Une guerre fratricide entre gens d’un même peuple, Garios
ne peut l’envisager. Si seulement Apténios, son meilleur ami pouvait
être à ses côtés, il lui dirait ce qu’il faut penser de tout cela, mais
pour l’heure, Apténios, fils d’Elivabros chef de Kronaith, demeure
auprès de son jeune cousin, dont les parents viennent d’être massacrés.



Ignorant le haut fauteuil d’osier disposé pour lui, le chef de Kronaith
se tient droit adossé contre le mur, bras haut croisés sur le torse,
selon la posture que tous lui connaissent. Attentif aux propos du
druide résumant la situation, il ne décroise les bras que pour
s’avancer vers les bancs occupés par ses guerriers, lorsque advient son
tour de parole.



- Odéios notre druide a bien parlé. Pas plus que lui je ne souhaite un
bain de sang en terre arverne. Toutefois, Kwercobie est désormais aux
mains d’un homme sans mérite, pervers et à n’en pas douter, assassin de
la fille de son père adoptif, et de l’époux de celle-ci, le valeureux
Keltil. Devant la couardise de son fils adoptif, mon beau-père n’avait
pas voulu lui léguer un autre nom que celui qu’il garde à jamais :
Gobignatos, fils donné ! Nul sang noble n’abreuve ses veines et la
bassesse de son âme ne peut lui faire déployer le moindre des mérites
requis pour son élévation à ce rang ! Dans les jours à venir, de
nombreuses palabres se tiendront entre villages ; mon propos sera
celui-ci : à moins d’un soulèvement populaire de Kwercobie contre
Gobignatos et ses partisans, nous n’entrerons pas en guerre !



Des guerriers, parmi les plus jeunes protestent de leur volonté de
renverser l’usurpateur. Levant la main, Elivabros obtient le silence.



- A l’heure qu’il est, la porte de Kwercobie doit être close, et tous
les partisans de Keltil mis à mort... du moins, parmi ceux portant les
armes... Reste le peuple, et si le peuple de l’oppidunon se révolte
tout de suite, Gobignatos sera renversé et son successeur pourrait
hâter la mise en oeuvre de la grande idée de Keltil, mais si la nuit
passe sans soulèvement populaire, Gobignatos restera maître des
destinées du peuple arverne. Plus question pour nous d’aller à
Kwercobie, en quelque occasion que ce soit !



- Et la garnison, ne va t’elle pas
réagir ?


- Gobignatos cherchera ta mort
Elivabros ! - dit un guerrier âgé - N’es-tu pas en quelque sorte, le successeur naturel de Keltil ?


-
Pour l’heure la garnison est menée par un homme à la solde de
Gobignatos ! Quant à prendre en charge la destinée du peuple arverne,
ce n’est pas mon ambition, et je n’ai rien fait pour accréditer cette
idée. Toutefois, s’il advenait que le peuple ne puisse compter que sur
moi, je saurais tirer leçon du sort réservé à Keltil ! Je renforcerais
la garnison, et sans pitié, je nettoierais non seulement Kwercobie mais
toute la nation arverne, des guerriers et des nobles partisans des
romains, puis, je fédérerais toutes les nations celtes de Keltie
continentale mais aussi des îles, et nous représenterions de nouveau
une force supérieure à celle des romains ! Que mes propos prennent
valeur d’un serment inaliénable fait au peuple arverne devant cette
assemblée !


-
Pourquoi attendre ? - ose un homme d’âge mûr - Le soulèvement de
Kwercobie peut aussi bien être provoqué par une attaque extérieure, et
il suffit de masser un grand nombre d’hommes en armes devant la cité
pour que le peuple réagisse !


-
Si je nous compte ici, nous sommes soixante-douze guerriers. Je déduis
la quinzaine d’entre vous trop âgés pour combattre, et nous ne sommes
plus que cinquante-sept, y inclus les jeunes qui viennent de recevoir
leurs armes. En face, à Kwernis, on ne peut guère compter que sur
quarante hommes, et nous sommes les deux villages les plus armés ! Le
temps pour nous de regrouper une armée, nul ne sera plus en état de
s’opposer dans Kwercobie ! Une garnison suit son maître, surtout
lorsque, comme à Kwercobie, elle est en partie composée de mercenaires,
recrutés par Gobignatos lui-même ! Keltil avait les qualités d’un grand
chef, cependant, il fut mal avisé de déléguer à Gobignatos des
prérogatives telle celle du contrôle de la garnison. La citadelle fut
conçue pour être imprenable de l’extérieur... cinq mille hommes ne la
feraient pas vaciller ! Un espoir subsiste : la pression populaire
retournant la garnison contre Gobignatos... Tout se joue en ce moment
même à Kwercobie ! La décision d’attendre s’impose à moi, comme unique
attitude sensée. J’ai exposé mes considérations, mais si l’un de vous
en a de meilleures...


Du
regard, Elivabros mesure l’approbation de ses propos. Aprilios, le
vieux messager a écouté sans broncher les différents points de vue. Se
levant, il interpelle le chef de Kronaith.



- Encore
une chose. J’ai aperçu le visage des meurtriers... des borris.


- Des borris ! Tu en es sûr
?



-
Certain.


Smertrios, beau jeune homme d’une
vingtaine d’années demande :



- Je crains que les plus jeunes
d’entre nous n’aient besoin qu’on leur explique qui sont les borris, et pourquoi nous nous défions d’eux.



Odoéios le druide se cale contre le
dossier de son fauteuil, lève les yeux vers le plafond de poutres noircies :



- Nous voilà partis pour un cours d’Histoire très ancienne ! Lorsque
nos ancêtres s’établirent en Keltie, le territoire était très peu
peuplé, mais son peuplement très disparate, était essentiellement
constitué de gens assez petits et bruns, dont certains avaient des
moeurs et des croyances semblables aux nôtres ; ceux-là se mêlèrent à
nous en bonne intelligence. D’autres, de moeurs cruelles, consommaient
de la chair humaine et à cet effet, sacrifiaient des humains. Nos
ancêtres les nommèrent borris, autrement dit « cruels ». Ils les
refoulèrent dans des contrées difficiles d’accès ou malsaines. Nous
avions l’avantage sur eux, de maîtriser la situation, par la maîtrise
des arts de forge, quant ils n’étaient armés que d’épieux, de gourdins
et de pierres. Les borris construisirent des villages semblables aux
nôtres, copièrent nos savoirs-faire et adoptèrent l’apparence de nos
fêtes... Pis encore, ils revendiquent le nom de notre peuple, mais
continuent leurs pratiques anthropophages ! Sur leurs cheveux, ils
épandent diverses substances afin d’en éclaircir la teinte, mais ils
oublient de les laver et sont couverts de vermine ! Enfin, toujours
soucieux de se rapprocher de nos apparences, par rapts, à plusieurs
reprises ils se procurèrent des femmes blondes ! Pendant des décennies
ils se sont tenus à l’écart, mais ils commercent avec les romains et
les abusent parfois en se réclamant de nous ! En terre arverne il reste
peu de borris, et désormais ils se tiennent tranquilles. Mon avis est
que ceux que tu as vus Aprilios, venaient de Narbonnaise et ils étaient
commandités par les romains, de connivence avec Gobignatos, lequel
s’est arrangé pour qu’aucune garde ne soit montée pendant le repas de
la mi-journée, la porte de la ville haute étant ouverte !


-
Il est tout aussi possible - dit Elivabros - que des borris comptent au
nombre des mercenaires de la garnison de Kwercobie, auquel cas, le sort
de Keltil était joué depuis longtemps...



- Non - dit Aprilios - je n’ai
jamais remarqué de borris parmi les sentinelles. Le peuple de Kwercobie ne l’aurait pas supporté !



- Aprilios, tu as agi comme tu le
devais - dit le druide - Tu demeureras parmi nous, et nous te ferons une maison, car si tu retournes, ils te tueront.


-
Mes fils, leurs épouses et leurs enfants sont dans Kwercobie. Si je
dois vivre, ce sera parmi eux, et s’il me faut périr ce sera près
d’eux, et probablement avec eux. Sans peur ni remords, je vais vers mon
destin.



- Attends - dit le jeune Smertrios
au vieux messager - si tu as reconnu des borris, c’est que tu en as rencontrés au cours de ta vie...


-
Hélas, tu ne te trompes pas ! - répond Aprilios - Nous étions trois
jeunes compagnons de Kwercobie, fiers d’étrenner nos armes, partis pour
quelques jours au Sud-ouest des terres arvernes... Nous avions la
sinistre impression d’être épiés, pourtant, lorsqu’ils nous sont tombés
dessus en grand nombre, je n’ai dû mon salut qu’à la fuite... Mes
compagnons n’eurent pas cette chance. Kwercobie organisa une expédition
punitive. Les borris mâles en âge de combattre furent occis. Aux
femmes, enfants et vieillards, il fut ordonné de ne plus consommer de
chair humaine, car cette pratique valait qu’on les traite non comme des
humains, mais tels des animaux féroces. Des ossements humains
disparates, furent retrouvés au centre du village borri.... les
ossements de mes compagnons, mangés par les borris... imagine cela
Smertrios... J’ignore s’ils ont cessé de dévorer des humains, mais je
n’ai pas oublié à quoi ressemble un visage borri...
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MessageSujet: Re: l'aigle arverne   Jeu 17 Déc - 11:48

Ou la la, en jaune et blanc on arrive pas à lire Cerridwen flower dommage!
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Cerridwen
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MessageSujet: Re: l'aigle arverne   Jeu 17 Déc - 12:07

Pas possible de l'avoir autrement, agrandis c'est la seule solution. Désolée Passiflora
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MessageSujet: Re: l'aigle arverne   Jeu 17 Déc - 12:33

Tant pis flower On va faire avec sunny Merci Cerridwen!
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Isa
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MessageSujet: Re: l'aigle arverne   Jeu 17 Déc - 12:43

Il faut sélectionner tout le texte.
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MessageSujet: Re: l'aigle arverne   Jeu 17 Déc - 12:47

Quelle bonne idée Isa Razz Je suis une quiche hihi!!!!

Merci Isa flower
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